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  • Michel Tanguy

Vivez-vous vraiment votre rêve de vie ?


Un de mes anciens collègues d'entreprise m'a dit un jour que "je vivais mon rêve professionnel"... Et vous savez quoi ? C'est exactement le problème, je vivais mon rêve professionnel mais je ne réalisais pas mon rêve de vie ! Et le pire, c'est que je ne voyais pas la différence.

Je ne voyais pas la différence lorsque suivre mon rêve professionnel m'a ramené dans mon pays d'origine, les États-Unis, m'a donné mon premier titre de VP à l'âge de 29 ans, j'étais aussi le plus jeune DG mondial à 32 ans : un rêve s’est réalisé. Mais à cause de ma folle surcharge de travail et de voyages d'affaires, un jour, à 35 ans, je suis rentré chez moi dans un nid vide. Mon compagnon de longue date avait quitté notre maison. Et j'ai continué de poursuivre mon rêve professionnel en acceptant de nouvelles missions, encore plus dures et plus complexes : avec une nouvelle traversée de l'Atlantique, une installation à Londres, puis un retour à Paris, un changement de division et toujours cette ascension des échelons professionnels. Un mélanome, une forme très mortelle de cancer de la peau, m'a frappé à 45 ans. Mais cela ne m'a pas empêché de continuer avec la même énergie et la même motivation qu’avant. Jusqu'à ce qu'un burn-out me terrasse à 50 ans. J'ai essayé à nouveau de faire ce que j'avais toujours fait -je ne connaissais pas d'autre moyen- et j'ai repris le travail. Cette fois, ça n'a pas marché, il n'y avait pas de retour en arrière.

Je ne dis certainement pas que c'est mal d'avoir de l'ambition. Mais si cette ambition vous éloigne de plus en plus de qui vous êtes vraiment, des personnes qui comptent le plus pour vous, alors c'est mauvais pour votre santé, et c'est mauvais pour vous. Aussi simple que cela! Comment savoir si votre ambition est bonne ou mauvaise pour vous ? Permettez-moi de vous raconter trois grosses erreurs que j'ai commises en chemin.

Ma première grosse erreur a été d'écouter un très mauvais conseil d'un président de filiale qui, lorsqu'il m'a présenté deux opportunités de carrière, m'a dit : dans le monde de l'entreprise, vous devez suivre ce que votre tête vous dit de faire, pas votre cœur. Eh bien, j'ai perdu la personne que j'aimais le plus dans ma vie à cause de cette erreur...

Ma deuxième grosse erreur a été de sacrifier l'attention à mon corps. Quand je suis devenu père à 40 ans, je me suis juré de m'occuper de ma fille, de passer du bon temps avec elle. Génial. Mais qu'est-ce que j'ai sacrifié ? Certaines de mes heures de travail ? Non. J'ai réduit le peu qui restait de mon temps personnel et qui servait à m'entraîner, à méditer. J'ai arrêté le Yoga que je pratiquais pourtant régulièrement depuis plus de 20 ans. Est-ce que je pensais que cela n'aurait pas d'importance ? Ou bien que j'étais invincible ? La vérité est que je n'ai même pas pensé du tout.

Ma troisième grosse erreur a été de ne pas savoir dire non à une promotion ou à un nouveau défi d'entreprise. Le vrai problème n'était pas que je ne savais pas dire non aux autres ; mais plutôt que j'avais depuis longtemps oublié comment me dire oui à moi-même d’abord.

J'avais depuis longtemps oublié les rêves de vie de quand j'étais petit garçon. J'avais depuis longtemps oublié comment écouter mon cœur avant d'écouter ma tête. Mon corps était devenu totalement séparé de mon âme. Je n'entendais plus les signaux faibles de mon corps me dire ce qui me donnait ou me retirait de l'énergie ; à quoi je devais dire oui ou à quoi je devais dire non.

Donc, si vous lisez encore cet article à ce stade, mon seul message pour vous est de vous poser une question très importante : "Est-ce que je vis vraiment mon rêve de vie ?". Et si la réponse est non, alors il est peut-être temps de réagir.


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