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  • Michel Tanguy

Combien d'étapes dans le traitement d'un burn-out? 10, 12, qui dit mieux ? Qui faut-il consulter?


Cette question est essentielle pour toute personne désireuse d'accompagner correctement une victime en burn-out.

Qui d'entre vous peut réciter par coeur les 10 commandements ou bien les 12 travaux d'Hercule? Pas moi en tous cas. La culture c'est ce qui reste quand on a tout oublié, disait Edouard Herriot... Nous mémorisons, parait-il 5-10% de ce que nous lisons et entendons, à moins de répéter, répéter, répéter. J'ai appris en faisant de la visite médicale dans une vie précédente, qu'il fallait présenter au moins six fois un message produit à un médecin pour qu'il le mémorise. Et on parle d'un médecin! Bref, avec tout le respect que j'ai pour les spécialistes du burn-out qui ont publié sur le sujet (par exemple Michel Delbrouck qui voit 10 étapes dans l'accompagnement ou Sabine Bataille, 12) ; je soutiens qu'on peut très bien guérir d'un burn-out si on traverse correctement les 4 étapes essentielles qui sont : le retrait- le décès- le projet- l'après. J'aime l'adage américain KISS : Keep It Simple, Stupid... Et sans dénaturer la qualité du travail, je ne fais jamais "compliqué" si je peux faire "simple".

Je vous propose donc de mémoriser 4 étapes distinctes. Pas plus, mais pas moins non plus !

1- Le retrait (je "suis" mon burn-out).

Un jour mon corps me dit stop. Freudenberger, l’homme qui donna son nom au burn-out dans les années 70, l’explique très bien : « En tant que psychanalyste et praticien, je me suis rendu compte que les gens sont parfois victimes d’incendie, tout comme les immeubles. Sous la tension produite par la vie dans notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consommer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide intérieur immense, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte ». A ce stade, seul l’arrêt complet du travail, durant une période longue (6 mois et plus) va permettre au corps et au cerveau de récupérer et de retrouver le chemin de croissance. La thérapie de soutien (pas de coaching, pas d'analyse non plus!) va aider la victime à récupérer, à accepter de s’isoler complètement de son travail, de reconnaître, d’accueillir sa maladie et l’énorme blessure narcissique qui vient avec. Petit à petit la victime va se décoller de l’identification totale qu'elle fait à son burn-out et commencer à faire de la place pour autre chose. La thérapie pour cette étape peut être cognitivo-comportementale ou humaniste.

2- Le décès ou "l’entre deux" (mon burn-out me permet de découvrir qui je suis vraiment) .

Cette étape est cruciale mais souvent ignorée. Je soutiens que la rechute de burn-out (hélas très fréquente) est inhérente à un deuil incomplet d’un moi professionnel (ou moi-séparé) confondu avec le vrai moi. Ce sera l'objet d'un autre post. Si cet "entre deux" thérapeutique est bâclé, si le sens du burn out n’est pas pleinement intégré, alors plutôt que d’ouvrir un espace possible de renaissance ailleurs, la victime revient tel un blessé dans son espace de souffrance où elle devient "moins" dans l’environnement du "trop" et du "pas juste". Cette étape réclame du courage, de la sécurité et de l’énergie. Par conséquent elle ne peut être entreprise que lorsque la personne a déjà récupéré assez d’énergie physique et a pansé certaines blessures. Pour cette étape, je recommande vraiment une thérapie humaniste de type : Gestalt spirituelle, évolutionnaire, existentielle ou transpersonnelle.

« Etes-vous prêt à être réduit en miettes, effacé, annulé, réduit à néant ? Etes-vous prêt à être annihilé, relégué aux oubliettes ? Si ce n’est pas le cas, vous ne changerez jamais vraiment. » (DH Lawrence, Phoenix, cité par Grof dans L’Ultime Voyage).

3- Le projet (mon burn out m’apprend ce qui me met en vie). Un jour la victime guérit. Guérir c’est finalement accepter de perdre. Alors l’étape du projet peut commencer. Je corrige ma trajectoire. J’ai compris que ce n’est pas par mon travail que je dois satisfaire le sens de ma vie ni mon besoin d’être aimé. Pour vivre pleinement ma vitalité il faut davantage que simplement me débarrasser des stress du travail. Je co-animais récemment une conférence sur le burn-out avec un ostéopathe et auteur, Olivier Lombard qui disait : « Pour vous épanouir après un burn-out, vous devez non seulement éliminer le stress, mais aussi chercher activement à vivre dans la joie, l’amour et la satisfaction afin de stimuler le processus de croissance. » Il a tellement raison. Dans mon expérience c'est avec des thérapies ou des techniques de coaching intégrant des états dissociatifs que l'on fait le meilleur travail : psychothérapies en EMC (états modifiés de conscience), hypnose, coaching PNL. 4- L'après ou le re-démarrage (j’aime mon burn-out). Au risque de choquer, je l’écris : aujourd’hui j’aime mon burn-out ! J’ai une hygiène de vie plus tranquille, moins stressante ; j’ai un mode de pensée où je m’identifie moins à mon rôle professionnel et j’observe un changement d’attitude profond dans la vie de tous les jours. Je fixe mieux mes limites, j’apprends la patience et le lâcher prise. Je partage le point de vue du Dr François Baumann : « Si cette maladie du psychisme et du surmenage arrive à ralentir notre course folle vers un bonheur inaccessible et à nous interroger sur nos limites et notre finitude, elle nous aura de façon paradoxale fait avancer. » Cette hygiène de vie nouvelle s'apprend, et il s'agit de la préserver dans le temps. Je préconise pour cette étape un coaching de consolidation, adapté au post burn-out.


Ces quatre étapes, vous l'aurez compris, sont des séquences bien distinctes et essentielles dans le processus d'accompagnement du burn-out pour guérir. Je ne reviens pas sur l'indispensable suivi en parallèle par un médecin (généraliste ou psychiatre) pour évaluer les besoins éventuels de médicaments. En regardant ces 4 étapes de plus près, on observe bien pourquoi il vaut mieux confier une victime de burn-out à un spécialiste du sujet. C'est pourquoi je vous invite à partager cet article avec tous les thérapeutes ou coachs désireux de mieux comprendre et se former sur le sujet avant d'accompagner. Un coach qui travaille par définition vers l'atteinte d'un objectif devrait humblement, dans les 2 premières étapes passer la main à un thérapeute à défaut de prendre le risque de faire plus de mal que de bien à son client. Par contre le coach a un rôle stratégique en prévention du burn-out et dans les deux dernières étapes pour la construction du projet et accompagner la personne dans une nouvelle hygiène de vie pour qu'elle ne pas rechute pas. Un thérapeute est indispensable durant les deux premières étapes du burn-out. Afin de ne pas perdre votre temps choisissez un thérapeute qui connait les spécificités du burn-out. J'ai vécu cette frustration moi-même en tant que patient, de suivre 8 séances qui m'ont semblé totalement "hors-sujet", avec un psychanalyste qui n'a pas su m'accompagner dans ce passage de vie très particulier.

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